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SAMEDI 19 JUIN 2021

Palais Granvelle et ENSMM - Temis

Besançon

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C’est avec l’installation des premiers ateliers d’horlogers suisses à Besançon que l’histoire de l’Horlogerie y a démarré de façon significative à la fin du XVIIIe siècle. Puis les bisontins eux-mêmes, gagnés par cette fièvre horlogère finiront par faire de la ville, la capitale française de l’horlogerie.

Xavier Rousset est « un enfant du pays » né à Besançon, petit-fils du fondateur de la société de cadrans Fraporlux créée en 1958 et rachetée depuis par un groupe suisse.
Conscient de l’existence d’un « Pont des Arts » entre les savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d’art situés le long de l’Arc jurassien, de Genève à Schaffhouse, de Bienne à Besançon, il est soucieux de vouloir en appréhender la richesse. Il va donc poursuivre sa culture horlogère de l’autre côté de la frontière, dans de grandes Maisons suisses. Mais cela ne suffira pas à le satisfaire. Mû par un souci de maitrise de ce sujet qui le passionne et par la curiosité d’appréhender « les coulisses de l’exploit » il décide à 45 ans d’entamer un cursus à l’ENSMM en micromécanique, pour dit-il : « comprendre la conception et l’ingénierie d’une montre, la façon dont fonctionne un mouvement, un échappement ».

Son diplôme d’ingénieur en poche sera le passeport pour entamer la suite de son voyage vers la réalisation du projet qui lui tient à cœur depuis longtemps : créer sa propre marque de montres. « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue » C’est à un autre enfant du pays -Victor Hugo- qu’il emprunte cette formule, sorte de préface à la suite qu’il va donner à son histoire.

Car pour ce perfectionniste qui aime aller jusqu’au bout des choses la démarche se veut différente et originale. Parfum d’enfance peut-être, mais c’est au cadran qu’il entend donner une résonnance particulière. Cette « partie face » de la montre est son point névralgique, scène de la matérialisation du séquençage du temps. Il le perçoit comme un chef d’œuvre, une « carte de visite »de l’artiste qui le conçoit et le réalise en maitrisant patience, minutie et technicité.

Xavier Rousset entend donner une tribune à ces métiers d’art, tels que la gravure, le sertissage, l’émaillage et réaffirmer leurs lettres de noblesse.
Ainsi est né le concept XRby La Montre d’Art…officiellement lancé le 1er octobre 2020. Chaque chapitre se déclinera en collaboration avec un artiste qui y exprimera son savoir-faire, ses secrets de métiers et techniques artisanales souvent transmises de génération en génération dont certaines remontent à plusieurs siècles.
L’œuvre d’art réalisée sera sublimée par un mouvement automatique à micro-rotor manufacturé en Suisse, piédestal du chef d’œuvre qui dispose en outre d’une réserve de marche de quatre-vingt-six heures.

Autre particularité : ces montres mécaniques de métiers d’art suivent la tendance green. Pas de stock : un site web est à disposition des acheteurs potentiels qui peuvent découvrir le design des modèles et passer commande. Ne seront donc produits que les modèles achetés. « Rien de superflu ne sera prélevé dans la nature, qui ne soit pas nécessaire à la fabrication des pièces » Qui a dit que l’horlogerie n’était pas une discipline éco-citoyenne ?

Le premier chapitre a vu le jour en décembre 2020. C’est avec une artisane en marqueterie, diplômée de l’Ecole Boulle et basée à Paris que Xavier Rousset a ouvert le bal : XRby Rose Saneuil. Le cadran est coiffé par une boîte en saphir et c’est un quetzal aux couleurs chatoyantes qui s’y détache.

Cet oiseau, sacré dans la civilisation Maya, symbole de liberté, arbore un plumage resplendissant couleur émeraude et rubis et pour donner au cadran ces couleurs éclatantes, Mme Rose Saneuil a tiré parti de matières aussi diverses que le bois, la paille de seigle, le parchemin animal, le cuir d’agneau, la nacre et les élytres de scarabées aux nuances inimitables : au total 216 éléments et 16 matières ont été scannées en 3D pour réaliser des simulations optiques. Est-il besoin ici de souligner l’intelligence de la main, à l’heure où l’intelligence artificielle est implémentée dans un nombre croissant d’applications qui en viendrait presque à nous faire oublier qu’à l’origine … elle n’était qu’humaine !

Pour chacune des collaborations, Xavier Rousset propose une série limitée de 7 montres avec un prix à partir de 18’000 euros HT pièce.
Autre précision qui a son importance : toutes les montres sont et seront estampillées Made in Jura Mountains, l’intégralité des composants provenant du Massif du Jura : un bel hommage rendu par l’enfant du pays à cette terre d’enfance. C’est aussi pour lui le respect de l’exacte vérité due au client qui ne doit pas se limiter à communiquer le lieu d’assemblage des pièces mais bien celui de la provenance de chacun des 198 composants.

L’histoire est donc en marche et le prochain chapitre s’écrira XRby Sandrine Tessier, une des meilleures ouvrières de France dans l’art de l’émaillage qui signera la collection « les cathédrales » avec un cadran représentant la Rosace sud de Notre Dame de Paris. Cette collection sera présentée au printemps 2021, date symbolique retenue pour commémorer le tragique incendie de l’édifice en 2019 et envisager l’espoir de sa reconstruction.

Excellence, exigence : les métiers d’art sont ici remis au centre des créations horlogères pour le plus grand bonheur des amateurs du monde entier.
Et ce n’est sans doute pas un hasard si le 16 décembre dernier l’UNESCO a inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité les savoir-faire de l’Arc Jurassien, consacrant ainsi le succès de la candidature franco-suisse déposée par Berne et Besançon. L’expertise cadranière de Xavier Rousset a légitimé sa participation aux séances de travail préliminaires consacrées à répertorier ces savoir-faire. Il en est convaincu :

« les deux versants du Jura, pour être de nationalités différentes n’en sont pas moins habités par des personnes qui ont les mêmes envies et rencontrent les mêmes difficultés. Exceller dans le milieu horloger est une ambition partagée et la consécration de ce patrimoine commun est un beau label, »
« Ce qui fait la noblesse d’une chose, c’est son éternité* »
* Léonard de Vinci